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reculer [1]

vt (re-ku-lé)
  • 1Porter en arrière. Reculez la table. Reculez cette chaise de la cheminée.
  • 2Reporter plus loin. Il faut reculer cette muraille.

    Reculer les bornes, les frontières d'un État, l'agrandir. Trajan, qui avait rétabli la gloire du nom romain chez les étrangers, et reculé les frontières de l'empire par des victoires signalées. [Condillac, Étud. hist. III, 3] Et toujours créateur même alors qu'il imite, De son art étonné recule la limite. [Millev. Invent. poét.]

  • 3Écarter, éloigner. Mais il est des objets que l'art judicieux Doit offrir à l'oreille et reculer des yeux. [Boileau, L'art poétique] La lumière du jour ....ne renaît que pour éclairer sa nudité, son impuissance [du voyageur perdu dans le désert], et pour lui présenter l'horreur de sa situation en reculant à ses yeux les barrières du vide. [Buffon, Quadrupèdes]
  • 4Éloigner quelqu'un du but, une affaire de son issue. La disgrâce de son protecteur l'a bien reculé. Cette indiscrétion de ma part servirait plutôt à reculer vos affaires qu'à les avancer. [Voltaire, Correspondance]
  • 5Ajourner, retarder. Tous mes soins, tous mes voeux hâtent cette vengeance, Ta perte la recule, et ton salut l'avance. [Corneille, La mort de Pompée] N'eût-il [Horace] que d'un moment reculé sa défaite, Rome eût été du moins un peu plus tard sujette. [Corneille, Horace] C'est un accident qui a fait reculer son mariage. [Molière, Le médecin malgré lui] Je crois que la pension des menins n'a point été retranchée ni reculée. [Sévigné, 23 avr. 1690] [Philopoemen] à voir agir les Romains dans la Macédoine, jugea bien que la liberté de la Grèce allait expirer, et qu'il ne qui restait plus qu'à reculer le moment de sa chute. [Bossuet, Discours sur l'histoire universelle] Sans reculer plus loin l'effet de ma parole, Je vous rends dans trois mois au pied du Capitole. [Racine, Mithridate] Lorsque étendu sur le lit de votre douleur, la mort sera à la porte, vous la croirez encore loin ; vous reculerez encore l'affaire de votre salut et la proposition qu'on vous fera, d'appeler un ministre de Jésus-Christ. [Massillon, Carême, Impén. fin.]
  • 6Porter au loin dans le temps. Ces peuples [les Japonais] ont eu aussi la manie de reculer leur origine. [Diderot, Opinions des anciens philosophes]
  • 7 vi Aller en arrière, exécuter la progression en sens inverse de la direction ordinaire et naturelle. La voiture recula. Ce cheval a de la peine à reculer. Reculez un peu pour la troisième [révérence]. [Molière, Le bourgeois gentilhomme]

    Fig. Les femmes qui se sentent finir d'avance par la perte de leurs agréments, voudraient reculer vers la jeunesse. [Montesquieu, Lettres persanes]

    Terme de marine. On dit que les vents reculent, lorsque, au lieu de tourner de gauche à droite, comme lorsqu'ils vont du sud au nord en passant par l'ouest, ils reviennent du nord au sud en passant de même par l'ouest.

    nm Terme de manége. Le reculer, action par laquelle le cheval se déplace dans un ordre inverse à celui des mouvements progressifs.

  • 8Il se dit des armes à feu que l'explosion fait aller en arrière. Un canon recule par l'effet de la réaction égale à l'action.
  • 9Se retirer en arrière. Pourrait-on reculer en combattant sous vous ? [Corneille, Médée] Ah ! coquin ! ah ! canaille ! vous en voulez par là !... soutenez, marauds ; soutenez.... comment, vous reculez ! [Molière, Les fourberies de Scapin] Si je me défends, ce n'est qu'en reculant. [Molière, Les femmes savantes] Hé quoi ! loin d'approcher, vous reculez tous deux ! [Racine, La Thébaïde, ou Les frères ennemis] Et toi, soleil.... Toi qui n'osas du père éclairer le festin, Recule, ils t'ont appris ce funeste chemin. [Racine, Iphigénie en Aulide] Le flot qui l'apporta recule épouvanté. [Racine, Phèdre]

    Il ne recule jamais, on ne l'a jamais vu reculer, se dit d'un homme très brave. C'est Merci avec ses braves Bavarois, enflés de tant de succès et de la prise de Fribourg ; Merci qu'on ne vit jamais reculer dans les combats. [Bossuet, Oraisons funèbres]

    Cela se dit aussi de celui qui soutient son opinion avec fermeté.

    On dit dans le même sens : Il aimerait mieux se faire hacher en pièces, que de reculer.

  • 10 Fig. Renoncer, céder, en parlant des personnes. J'accepte la proposition, et ne suis point personne à reculer lorsqu'on m'attaque d'amitié. [Molière, Les fourberies de Scapin] Vous reculez, lui dis-je en l'interrompant, vous reculez, mon père : vous abandonnez le principe général. [Pascal, Les provinciales] Poursuis, Néron ; avec de tels ministres Par des faits glorieux tu te vas signaler ; Poursuis ; tu n'as pas fait ce pas pour reculer. [Racine, Britannicus] Il était dangereux pour vous de reculer. [Racine, Bajazet] C'est un mauvais orgueil de croire qu'on ne peut avoir tort ; c'est une faiblesse de n'oser reculer, quand on sent qu'on nous a fait faire une mauvaise démarche. [Massillon, Petit carême] Je crois qu'il ne peut plus reculer sur ce point. [Destouches, Irrésolu, I, 2] Quand il devrait un peu m'en coûter [pour le Corneille avec les commentaires], je ne reculerai pas. [Voltaire, Correspondance] Savoir reculer à propos pour gagner ensuite plus de terrain. [D'alembert, Éloges L. Verjus.]

    Reculer pour mieux sauter, temporiser pour mieux prendre ses avantages. Si je recule, c'est pour mieux sauter. [Cyrano de Berg. Pédant joué, IV, 2] On recule souvent, dit-on, pour mieux sauter. [Corneille Th. D. Cés. d'Avalos, II, 1]

    Il a reculé pour mieux sauter, il a sacrifié un petit avantage présent pour en obtenir plus tard un beaucoup plus grand.

    Cela se dit aussi quand, après un mauvais succès, on en obtient un signalé ; et, en sens inverse, quand on évite un petit inconvénient pour tomber dans un plus grand.

  • 11Il se dit des choses qui ne réussissent pas. Ses affaires reculent au lieu d'avancer.
  • 12Être ajourné. Le baptême de M. le duc de Chartres recule ; et je ne puis partir qu'il ne soit fait. [Maintenon, Lettres]
  • 13Perdre l'avance qu'on avait. La civilisation recula dans ce pays sous la domination des conquérants étrangers. Qui n'avance pas dans les voies de Dieu recule. [Massillon, Profess. relig. 2] Les Espagnols avancent quand nous reculons ; ils ont fait plus de progrès en deux ans que nous n'en avons fait en vingt. [Voltaire, Correspondance]
  • 14Aller plus loin, s'écarter. L'homme a fait reculer peu à peu les bêtes féroces, il a purgé la terre de ces animaux gigantesques.... [Buffon, Anim. domestiques.]
  • 15Différer, éviter de faire. On le presse d'agir, il recule toujours. Il recula devant une proposition si hardie.

    Reculer à, ne pas se soumettre à, craindre de. Hé bien ! oui, puis qu'il veut te choisir pour juge, je n'y recule point. [Molière, L'avare] Comme je l'avais sur moi, et qu'apparemment je reculais à l'ôter, n'y a-t-il plus rien à mettre, disais-je, est-ce là tout ? [Marivaux, La Vie de Marianne, ou les aventures de Madame la comtesse de ***]

    Il ne recule à rien, il n'est aucun travail qu'il n'accepte. Je ne recule à rien, tout tombe sur mon dos. [Hauteroche, Le deuil]

    La Fontaine a dit dans ce sens : reculer de. Avant le coup demandez la cédule : De la donner je ne crois qu'il recule. [La Fontaine, Sav.]

    Il n'y a plus moyen de reculer, il n'y a plus à reculer, on ne peut plus échapper, différer. Mes révérends pères, il n'y a plus moyen de reculer : il faut passer pour des calomniateurs convaincus, et recourir à votre maxime, que cette sorte de calomnie n'est pas un crime. [Pascal, Les provinciales] Comment lui déclarer votre mariage ? cependant il n'y a plus à reculer. [D'allainval, Éc. des bourg. I, 2]

    Reculer trop loin à, trop différer. Ayant rejeté les yeux sur votre lettre, j'ai vu qu'elle était datée du 7 courant, et que ce serait reculer trop loin à vous faire connaître que je l'ai reçue. [Corneille, Lett. au P. Boulard, 30 mars 1652]

  • 16Se reculer, vpron Aller en arrière, s'écarter. Et pour la décevoir, il use d'une feinte, Se recule en passant, et se laisse frapper. [Mairet, La mort d'Asdrubal] Les premiers jours, il fallait voir comme elle se reculait d'auprès de moi, et puis elle reculait plus doucement, et puis petit à petit elle ne reculait plus. [Marivaux, Double inconstance]
  • 17Être différé. C'est toujours dans cette vue de vous plaire que je me conserve et que j'ai soin de moi, étant très persuadée que l'heure de ma mort ne se peut ni avancer, ni reculer. [Sévigné, 318] Le retour du roi se recule toujours. [Sévigné, 1er juillet 1676]
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