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écorcher

vt (é-kor-ché)
  • 1Dépouiller un animal de sa peau. Écorcher un cheval. Je veux être Écorché vif si.... [La Fontaine, Gag.] Il le livra aux exécuteurs, et leur commanda de l'écorcher tout vif, de le coucher ensuite tout de travers sur trois croix, et d'étendre sa peau à part sur les pieux dressés tout auprès. [Rollin, Histoire ancienne]

    Bassement et fig. Écorcher le renard, vomir.

    Écorcher l'anguille par la queue, commencer par où l'on devrait finir, par ce qu'il y a de plus difficile.

    Il crie comme si on l'écorchait, ou avant qu'on ne l'écorche, se dit d'un homme qui se plaint sans grand sujet.

  • 2Enlever une partie de la peau. Vous m'avez écorché la jambe. Je me suis écorché le bras.

    Par extension. Les charrettes en passant ont écorché cet arbre. Les essieux des roues écorchent en passant les murailles.

    Terme militaire. Écorcher une fortification, l'endommager extérieurement.

    Fig. Écorcher une matière, en parler superficiellement ou inexactement. M. de Noailles, qui écorchait la superficie de tout, n'avait jamais pu rien approfondir en aucun genre. [Saint-simon, Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon] Je ne fais ici qu'écorcher la matière que j'aurai lieu ailleurs d'étendre davantage. [Saint-simon, Mémoires complets et authentiques du duc de Saint-Simon]

  • 3Faire mal au palais, à la gorge. Ce vin vous écorche le palais, la gorge.

    Par extension. Ce mot [Hershalaïm, Jérusalem] écorchait le gosier d'un Athénien. [Voltaire, Essai sur les moeurs et l'esprit des nations et sur les principaux faits de l'histoire depuis Charlemagne jusqu'à Louis XIII]

    Écorcher l'oreille, les oreilles, mal prononcer les mots, ou, en musique, produire des sons discordants. Platon : Ah ! elle m'écorche les oreilles. [Boileau, Héros de roman.]

    Par extension, faire de la peine, déplaire. Le beau sexe était sauvage ; Il ne l'est plus maintenant ; Et des louanges pareilles De nos dames d'à présent N'écorchent point les oreilles. [La Fontaine, Cand.]

  • 4 Familièrement. Écorcher les auteurs, les entendre imparfaitement, les expliquer à grand' peine.

    Écorcher une langue, la parler d'une manière incorrecte. Toutes deux [ces dames] écorchent l'italien. [Courier, Lettres de France et d'Italie]

    Écorcher un mot, le nom de quelqu'un, le mal prononcer.

  • 5Exiger au-dessus du prix des fournitures, des vacations, etc. Il faut être raisonnable et ne pas écorcher les gens. On est écorché dans cette hôtellerie. Il ne faut pas écorcher les malades. [Molière, Le malade imaginaire] Avec sept hommes nous nous chargeons de tondre et d'écorcher les Français pour votre compte. [Courier, Lettres de France et d'Italie]
  • 6 Terme de fondeur en bronze. Écorcher la figure, diminuer la grosseur de la figure de terre qui sert de noyau.
  • 7S'écorcher, vpron Se faire une écorchure. S'écorcher en se grattant.

    Fig. Il ne s'écorche pas, se dit de quelqu'un qui parle trop avantageusement de soi-même.

    Subir une perte superficielle de substance. La couverture d'un livre relié en veau s'écorche facilement.

PROVERBES

Beau parler n'écorche point la langue, c'est-à-dire il ne coûte pas plus de parler civilement que d'une façon arrogante.

Autant fait, autant vaut celui qui tient que celui qui écorche, c'est-à-dire le recéleur est aussi punissable que le voleur, ou, en général, le complice autant que l'auteur principal.

Il ressemble aux anguilles de Melun (voir ANGUILLE), il crie avant qu'on l'écorche, c'est-à-dire il se plaint avant de sentir le mal. Votre coeur crie avant qu'on ne l'écorche. [Molière, Les précieuses ridicules]

Il faut tondre ses brebis et non pas les écorcher, c'est-à-dire il ne faut exiger des sujets, des contribuables que ce qu'ils peuvent donner.

Il n'y a rien de plus difficile à écorcher que la queue, c'est-à-dire la fin d'une affaire est souvent le plus difficile. La queue en sera difficile à écorcher.

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